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Cour d’assises des Deux-Sèvres : 17 ans de prison pour le meurtre de Jessica ©La Nouvelle République

  • SCP GAND PASCOT
  • Dec 14, 2023
  • 3 min read

Robe avocat sur une chaise dans un tribunal
L’avocat général avait requis dix-huit de réclusion criminelle à l’encontre de Théo Hugonnet. © (Photo NR, Emmanuel Touron)

La cour d’assises des Deux-Sèvres saisie en appel a finalement confirmé la peine prononcée en première instance par celle de la Vienne à l’encontre de Théo Hugonnet : dix-sept ans de réclusion criminelle et un suivi sociojudiciaire de dix ans avec obligation de soins.


Plus tôt dans l’après-midi de ce jeudi 14 décembre 2023, l’avocat général avait requis le même quantum que son homologue en première instance (dix-huit ans de réclusion criminelle) à l’encontre de ce garçon de 23 ans que le ministère public désignait comme l’auteur évident du meurtre en 2019 de Jessica Allin, 29 ans, pensionnaire depuis un an d’un établissement de soins psychiatriques de la Vienne. La jeune femme préparait sa sortie, promise à un logement où elle allait pouvoir s’essayer à l’autonomie. Elle avait été découverte sans vie au matin du 3 octobre, dans son lit, étouffée sous un oreiller.


Amnésie de circonstance ?


Devant la cour d’assises des Deux-Sèvres, Théo Hugonnet a, dès l’ouverture de son procès en appel, assuré que, même si tout le désigne comme coupable, il n’avait pas le moindre souvenir de la nuit du drame. « Une stratégie de défense » que ce « soi-disant choc amnésique », avait analysé l’avocat général Pierre Gagnoud pour lequel la culpabilité de l’accusé ne fait pas le moindre doute, scellée dès sa garde à vue par des aveux précis, détaillés voire mimés, corroborés par l’ADN, les constatations des gendarmes puis l’autopsie.


Le magistrat a retenu aussi les épisodes de violence dans lequel le jeune homme, trimbalé depuis des années de centres de soins psy en familles d’accueil, s’était fait remarquer : menace au couteau en 2016 sur un jeune du centre où il était placé, en 2018 c’est avec une baïonnette qu’il avait menacé de se suicider et de tuer plusieurs personnes, dont son ancienne petite amie. Autant de signes qui, selon l’avocat général, préfiguraient cette tragédie de la nuit du 2 au 3 octobre 2019, « un meurtre commis de sang-froid » après que la jeune femme l’avait éconduit au terme de quelques jours de flirt.


« Un cas lourd, pourtant »


En défense, contrairement à ses confrères qui avaient échoué dans leur tentative d’acquittement, Me Philippe Gand n’a pas nié la culpabilité de Théo Hugonnet, voyant dans son amnésie « un exercice un peu maladroit de son droit de garder le silence », attitude qui démontre « une incapacité compréhensible à s’auto-accuser en racontant des choses insupportables ». L’avocat a préféré se demander « comment un tel drame a pu arriver dans un tel lieu de soin », résumant la question qui aura constitué la toile de fond de ce procès. L’avocat général, déjà, avait qualifié Théo Hugonnet d'« intrus au profil inquiétant » placé dans « un établissement relativement serein ». Me Gand s’est lui aussi demandé comment ce garçon de 19 ans, « un cas lourd, pourtant », avait pu être placé là : « Je pense que ce drame aurait pu être évité… »


Enfin, et dans l'espoir de réduire le quantum de la peine, Me Gand a surtout plaidé pour que la cour retienne l’altération du discernement de son client au moment des faits : « Il n’a pas été maître de lui », a-t-il expliqué, évoquant « les carences et pathologies anciennes qui font que ce jeune homme ne sait pas comment réagir à certaines situations »


«La douleur à perpétuité »


Sur le banc des parties civiles, les proches de Jessica Allin ont écouté les débats avec dignité et retenue, laissant à leur avocat, Me Pascal Mommée du barreau de La Rochelle, dire « la douleur à perpétuité » et leur colère contre l’accusé et envers l’institution qui, ce jour de l’automne 2019, avait placé sur la route de leur fille fragile ce garçon paumé et dangereux « parce qu’il n’y avait pas de la place pour lui ailleurs ».


(1) En première instance, Théo Hugonnet a été condamné en février 2023 à dix-sept ans de réclusion criminelle.


Publié le 14/12/2023 à 18:27 | Mis à jour le 14/12/2023 à 19:47 © La Nouvelle République

 
 
 

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