Vienne : un résident expulsé de son Ehpad et condamné pour agression sexuelle © Centre Presse
- SCP GAND PASCOT
- Jan 24, 2024
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Un sexagénaire placé dans une maison de retraite médicalisée proche de Poitiers a été condamné ce mercredi 24 janvier 2024 pour une agression sexuelle sur une résidente.
La castration chimique n'y fait rien. L'appel de la chair est toujours là. Violent. Pressant. Permanent. Ce mercredi, c'est un profil étonnant et inquiétant de résident d'une maison de retraite proche de Poitiers qui est déroulé à la barre de l'audience des comparutions immédiates.
Un sexagénaire barbu et hirsute se voit reproché une agression sexuelle et une tentative d'agression sexuelle sur une résidente handicapée mentalement qui ne s'exprime que par gestes.
Masturbations devant les écoliers en offrant des bonbons
Un soir de novembre, dans la salle télé, il lui est reproché des attouchements. Les faits remontent à la direction, le résident se fait remonter les bretelles et promet de ne pas recommencer. Mais, trois semaines plus tard, la même accusation revient déclenchant un signalement au parquet.
Il aurait relevé le pull de la résidente déjà visée. « Non, c'est pas vrai. C'est elle qui voulait que je vienne dans sa chambre pour faire l'amour. Elle m'a attiré dans ses bras. Je suis pas méchant », lance le prévenu dans un sanglot.
Un expert inquiet
Addict au porno, accro à la masturbation, amateur de saillies grossières à la maison de retraite, le sexagénaire inquiète l'expert psychiatre qui l'a examiné dans le cadre de l'audience.
Il évoque un homme souffrant de schizophrénie à la « sexualité indifférenciée » attiré aussi bien par une vieillarde que par les enfants de l'école qui borde la maison de retraite.
Avant d'être privé de sortie, le résident traînait souvent là, offrant des bonbons aux écoliers en se caressant depuis la poche de son pantalon.
Au vu de tous les éléments, l'expert évoque un profil pédophile et une « dangerosité criminologique majeure ».
Jamais condamné
Mais le sexagénaire n'a jamais été condamné jusque-là pour des faits de nature sexuelle. Le procureur requiert donc contre ce prévenu sous tutelle une injonction de soins et un suivi socio judiciaire de sept ans assorti d'une peine de prison pouvant aller jusqu'à deux ans s'il l'esquivait.
Les soins, il en a déjà depuis… cinquante ans, note son défenseur qui trouve l'expert à charge. « Il a pris conscience qu'il n'a pas agi comme il le devrait », souligne Me Damien Genest en évacuant les accusations qui ne figurent pas dans les poursuites du jour.
La maison de retraite a prévu l'expulsion de son résident problématique début février. La justice l'a condamné pour l'agression sexuelle aggravée et relaxé pour la tentative.
Prison avec sursis
Elle a opté pour une peine de huit mois de prison avec sursis. Et une mise à l'épreuve renforcée durant trois ans. Le résident qui se cherche une nouvelle maison de retraite pour l'accueillir devra continuer à suivre des soins. Il devra aussi éviter sa victime et les mineurs.
24/01/2024 20:57 © Centre Presse
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